( AFP / PEDRO PARDO )
La Chine a annoncé mercredi un nouveau bond des prix des marchandises sorties d'usines en septembre, à un niveau inédit depuis 2022, en raison notamment de l'envolée des coûts du pétrole avec la guerre au Moyen-Orient.
Environ un cinquième de l'offre mondiale d'hydrocarbures transite d'ordinaire par le détroit d'Ormuz, actuellement bloqué, ce qui fait décoller le prix de l'or noir et perturbe les approvisionnements énergétiques mondiaux.
L'indice PPI ("producer price index"), qui mesure les prix à la production, a connu le mois dernier en Chine une augmentation de 5% sur un an, a indiqué mercredi le Bureau national des statistiques (BNS).
C'est bien plus que les 3,8% enregistrés en août et que la prévision médiane d'analystes sondés par Bloomberg (4,4%).
Il s'agit de la plus forte hausse du PPI depuis l'été 2022. Le PPI est au-dessus de zéro depuis mars. Avant, il avait connu plus de 40 mois consécutifs de baisse.
"La hausse des prix internationaux du pétrole brut et des métaux non ferreux a entraîné une hausse des prix des secteurs concernés au niveau national", a indiqué dans un communiqué Dong Lijuan, statisticienne du BNS.
"Les prix de l'électronique ont également augmenté rapidement, portés par l'essor mondial de l'IA (intelligence artificielle) et les pénuries de puces mémoire", selon Nguyen Hoang Nam, économiste pour la Chine chez Capital Economics.
L'indice des prix à la consommation (CPI), principale jauge de l'inflation pour les consommateurs, a connu quant à lui une légère accélération en septembre, à +0,9% sur un an (contre 0,8% en août), a indiqué le BNS.
Il s'agit d'un niveau inférieur aux attentes d'analystes interrogés par Bloomberg, qui tablaient sur 1%.
"La demande intérieure reste atone", a estimé dans une note Zhiwei Zhang, analyste chez Pinpoint Asset Management.
"Le marché attend le signal d'un éventuel changement d'orientation politique au quatrième trimestre qui pourrait stimuler l'économie et atteindre l'objectif de croissance annuel", souligne-t-il.
Pékin vise en 2026 une croissance comprise entre 4,5 et 5%, son objectif officiel le plus bas depuis des décennies.
La Chine peine à retrouver le dynamisme d'avant la pandémie de Covid. Elle est soumise à des pressions déflationnistes, de faibles dépenses des ménages, des excédents de production et une grave crise de l'immobilier.
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